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« TOPOPHONIE ; des lieux d’ancrage et d’exil de la voix »

 TOPOPHONIE

 

Le Séminaire CRIVA du Mardi 16 Septembre 2025 se tiendra de 20H30 à 22H45

en Zoom autour de Claire GILLIE & Olivier COURTEMANCHE

 sur le thème : « TOPOPHONIE ; des lieux d’ancrage et d’exil de la voix »

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TITRE & ARGUMENT Claire GILLIE : TOPOPHONIE ; Des lieux d'ancrage et d'exil de la voix


La voix comme incarnation de la lettre, porte le lexique à l’entendement, traversant les contrées conceptuelles d’une logophonie en quête d'une terre d'accueil, mais également d'une terre d'Ailleurs.
Elle est corporellement, anthropologiquement et structurellement prise entre ancrage et exil, entre racines et déracinements, et en appelle à la psychanalyse et à l’autre de l’écoute, afin d’échapper à son destin d'objet flottant et errant non identifié.
Elle hésite entre confinement et désincarcération, oscille – voire vacille - entre incorporation et dilution vers les échappées belles de la sublimation. Ce qui nous autorise à poser l’hypothèse, au-delà de la logophonie, d’une existence d’une « topophonie » comme lieu(x) d’ancrage et d’exil de la voix.
Si certes l’IRCAM nous a précédés dans l’institution de ce terme, définissant les tophonies comme des « espaces virtuels navigables composés d’un ensemble d’objets sonores et/ou audiographiques », nous en explorerons le revers inconscient.
Car l'ancrage dans le réel de l’expérience clinique interroge les manifestations de cette topophonie, que ce soit par exemple à travers les résurgences de la langue originaire chez les patients n’arrivant pas à « perdre leur accent » et créant ainsi une diglossie locale, ou les géolocalisations dialectales qui confèrent des variations prosodiques devenues empreintes vocales estampillant le « passeport social » (Bourdieu).
Mais quel est cet exil psychique qui rend le sujet de l’inconscient étranger si ce n’est sourd à sa propre voix, jouant à quitte ou double avec la perte, l’agrippement aux lieux matriciels de l’origine, et/ou la tentation chronique de se laisser aspirer par la pulsion invoquante pour se laisser inspirer, hameçonner par le désir de l’Autre ?

 

TITRE & ARGUMENT Olivier COURTEMANCHE : La voix cadastrée. Le terrier, le terrien ...., entre jouissance et désir la ‘’preuve du diable’’ »


En passant d’un espace infini à un lieu métrique et borné, la topophonie inscrit au registre du cadastre le plan des relevés d’un fond sonore. L’enregistrement topophonique de la voix cadastrée peut entrer dans la matrice de l’État. Rendue publique, la transmission des données servira non de preuve mais de prémices pour un acte et un titre de propriété.
Que peut alors espérer la voix d’une cadastration, de l’identification dont elle est le sujet et de ses rapports entretenus avec le voisinage ? Que peut-elle faire de la somme d’une jouissance que l’État lui garantit et de ce fameux don qui est fait aux terriens. Et comment extraire des propriétés du sol, l’objet de son désir pour qu’un idéal, un bien sacré, puisse dans ce lieu être construit.
Le registre indique qu’une voix cadastrée est imposée. Le Trésor public signifiant les services rendus la met à contribution. Cependant une cadastration ne donne aucun droit pour obtenir un titre de possession. Mais le nom d’un cédant, indice réfutable, peut être consigné. La chaîne de propriétés peut remonter jusqu’à la parcelle mère, mais retrouver la particule de l’origine cadastrale peut être de l’ordre de l’impossible, le Temps ayant déclaré l’objet perdu !
Entre dans le terrier la preuve par la négative, la preuve ‘’diabolique’’, la preuve de la « probatio diabolica ». Interprète, elle voit plus loin que la Loi, elle voit l’Esprit de la Loi. Le Symbolique servirait-il de preuve, cela reste à prouver... garantirait-il à la voix cet impossible preuve invoquée aux instances du Réel ? Cette autre preuve autoriserait-elle l’État à acter en faveur d’un transfert de jouissance ? En se passant de la chose, d’une pièce manquante, le cadastrateur reconduit la jouissance possible d’un lieu vers un a/Autre.
Passant outre la preuve d’une origine, allant au-delà de l’acte original, la voix cadastrée renonce à un impossible retour et aux forces attractives de l’impossible origine. Elle devra se faire entendre pour construire ou reconstruire. Sa demande servira de nomination à un titre de propriété qui alors lui sera accordé en nom propre.
La voix cadastrée, privée de la jouissance de l’origine entend qu’une fois enregistrée, l’acte lui-même peut la mener au-delà de certaines limites. Elle peut s’imaginer se libérer verticalement, s’élever et s’exiler vers un Ailleurs non borné. Elle trouve alors un espace ouvert, d’autres horizons, un appel vers une autre jouissance marquée par le sceau du désir, la traversée du fantasme se fera-t-elle dans ce nouveau lieu cadastrée qui ouvre sur l’infini et sur l’envers de la voix cadastré. Le retournement sera-t-il encore possible ?

 

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